lundi 15 juin 2020

Tuer le fils - Benoît Séverac


Quatrième de couverture : 

Matthieu Fabas a tué parce qu'il voulait prouver qu'il était un homme. Un meurtre inutile, juste pour que son père arrête de le traiter comme un moins que rien. Verdict, quinze ans de prison. Le lendemain de sa libération, c'est le père de Matthieu qui est assassiné et le coupable semble tout désigné. Mais pourquoi Matthieu sacrifierait-il une nouvelle fois sa vie ? Pour l'inspecteur Cérisol chargé de l'enquête et pour ses hommes, cela ne colle pas. Reste à plonger dans l'histoire de ces deux hommes, père et fils, pour comprendre leur terrible relation. Derrière cette intrigue policière qu'on ne lâche pas, ce nouveau roman de Benoît Séverac nous parle des sommes de courage et de défis, de renoncements et de non-dits qui unissent un père et un fils cherchant tous deux à savoir ce que c'est qu'être un homme.



2019. 

Au moment où commence l'histoire, Matthieu Fabas, 35 ans, sorti de prison depuis peu après une peine de 13 ans, se trouve menotté au commissariat de Versailles, sur le point d'être inculpé pour le meurtre de son père Patrick. Un crime pour lequel il ne cesse de plaider son innocence, malgré toutes les preuves qui semblent l'accabler. La haine qu'il éprouve à l'égard de son père et sa libération conditionnelle la veille du meurtre font en effet de lui le coupable idéal. Trop idéal.

Un retour en arrière de six jours nous permet de revenir aux prémices de l'enquête qui a conduit à cette nouvelle arrestation, et nous fait rencontrer le commandant Jean-Pierre Cérisol, en charge du dossier. Nous suivons ce fervent amateur de confiture et de vieilles chansons aussi bien durant les différentes étapes de l'investigation, que dans un quotidien plus privé qu'il partage avec sa femme aveugle Sylvia. 

En parallèle, nous explorons les cahiers écrits par Matthieu en prison, dans le cadre d'un atelier d'écriture mensuel animé par un écrivain. On y découvre les raisons de son incarcération, mais également ses pensées les plus intimes, souvent tournées vers son père.

Matthieu est un personnage pour lequel je me suis prise d'affection. Maltraité par un géniteur aux idées et fréquentations peu recommandables, il n'a eu de cesse, au cours de sa vie, de chercher l'approbation et l'amour de celui-ci, sans jamais y parvenir. A cause d'une anomalie dont il souffre depuis qu'il est enfant, le jeune homme est sans arrêt dénigré et rejeté par Patrick loin de se montrer aidant et soutenant dans la construction de son identité. 

Dès lors, ce besoin de reconnaissance et d'une certaine admiration, cette recherche d'identification, il paraît presque les reporter sur l'écrivain qu'il côtoie, et qui semble représenter pour lui la figure paternelle bienveillante dont il a cruellement manqué. Matthieu a simplement envie d'être quelqu'un, d'exister aux yeux de son père. Qui peut lui en vouloir ?

Tuer le fils est un roman poignant, profond et parfois dérangeant mais bien construit, qui aborde les relations humaines et la notion de paternité sous diverses formes avec beaucoup de psychologie et de réalisme. Une très belle découverte !




Editeur : La Manufacture de livres
Date de sortie : 6 février 2020
Prix : 18,90€ 

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